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La Pression Postive Continue (pour le lecteur éclairé)

 

C'est en 1981 que Sullivan et coll. démontrent les effets thérapeutiques très favorables d'une ventilation par PPC, remplaçant la trachéotomie qui était réservée à des cas sévères (Sullivan et al., 1981).

Le but de la PPC est de normaliser la ventilation et donc la structure du sommeil. Habituellement, l'élimination des hypopnées et des apnées obstructives permet le rétablissement d'une structure de sommeil normale (Weitzenblum & Racineux, 1999). Cette restructuration va de paire avec l'élimination des micro-éveils répétés d'origine respiratoire.

A l'état normal, les Voies Aériennes Supérieures (VAS) restent perméables pendant l'inspiration grâce à l'activité coordonnée des muscles dilatateurs des VAS. L'inspiration provoque un effet de succion au niveau des parois des VAS et entraîne l'occlusion de ces dernières. La collapsibilité des VAS est accentuée en raison d'une réduction du calibre de ces dernières, d'un œdème de la muqueuse et par l'hypotonie qui accompagne les différents stades de sommeil. Cette occlusion siège plus particulièrement au niveau du pharynx qui représente la partie la plus compliante des VAS (Weitzenblum & Racineux, 1999).

La PPC appliquée au niveau des VAS génère un débit d'air par l'intermédiaire d'un masque nasal étanche. Elle agit sur les parois des VAS comme une véritable attelle pneumatique (cf figure). La PPC s'oppose à la pression générée lors de l'inspiration et permet ainsi l'abolition des forces d'occlusion des VAS (Weitzenblum & Racineux, 1999).

Une pression positive, c'est-à-dire supérieure à la pression atmosphérique, de 5 à 15 cm d'H2O, appliquée de façon continue, pendant l'inspiration et l'expiration, par voie nasale, empêche l'occlusion pharyngée et permet l'élimination des apnées. Dans la pratique, on recherche le niveau de pression efficace le plus bas possible autorisant une ventilation optimale durant la totalité de la nuit.

Une première nuit de ventilation, qui s’effectue habituellement en laboratoire au cours d’un enregistrement polysomnographique, est nécessaire afin de déterminer le niveau de pression positive efficace. Dès l’apparition des premiers signes du sommeil sur l’électroencéphalogramme (EEG), le niveau de PPC est augmenté progressivement par paliers de 1 cm d’H2O pendant quelques minutes en fonction de la persistance des événements respiratoires. Le niveau de pression doit être déterminé juste au-dessus du niveau de pression critique. Cette augmentation progressive du niveau de PPC doit s’accompagner d’une régression des apnées obstructives et des hypopnées (Paquereau et al., 2000).

Les critères de pression "optimale" restent mal définis. L'élimination des apnées et des hypopnées peut être insuffisante. La normalisation de la résistance des voies aériennes peut rendre compte de cette pression optimale. Seulement cette technique présente la particularité d'être invasive. En l'absence de la mesure des pressions oesophagiennes, l'élimination du ronflement, un rebond en sommeil lent et en sommeil paradoxal, et la disparition des micro-éveils sont d'autres critères d'efficacité.

Au cours d’une même nuit, le niveau de pression positive efficace peut varier en fonction de la position des sujets ou des stades de sommeil. En 1992, des appareils de ventilation en PPC autopilotée sont développés afin de répondre au mieux aux différentes conditions de fonctionnement des VAS. Ces appareils se caractérisent par leurs variations spontanées du niveau de pression positive au cours de la nuit (Weitzenblum & Racineux, 1999). Ils sont capables de reconnaître des événements respiratoires et d’y répondre automatiquement par une augmentation de pression (Hosselet, 2000). De plus, ils augmentent la tolérance du patient vis à vis de l'appareillage (Weitzenblum & Racineux, 1999).

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